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Mars 2001

Chambre Régionale d’Agriculture Rhône Alpes

Fédération Régionale des Groupements de Défense Sanitaire Rhône Alpes

 

FIEVRE APHTEUSE

DOSSIER DE PRESSE

 

La maladie.

La fièvre aphteuse est une maladie qui touche les espèces animales à deux onglons, c’est à dire, pour ce qui concerne les animaux domestiques de nos latitudes : les bovins, les ovins, les caprins et les porcins. Elle touche également les animaux sauvages à deux onglons (cervidés, etc.)

L’infection se fait par les voies respiratoires.

Dans une première phase, qui dure deux à trois jours l’animal est fiévreux et abattu.

Puis apparaissent des aphtes sur les parties à peau fine : muqueuses de la bouche, espace entre les onglons, trayons de la mamelle. Les aphtes se rompent en quelques heures et donnent des ulcères.

La maladie se termine quelques fois par la mort chez les adultes et assez fréquemment chez les jeunes ; la mortalité est très élevée chez les porcelets, les agneaux et les chevreaux à la mamelle.

La maladie guérit progressivement après amaigrissement et arrêt fréquent de la lactation chez les femelles ; elle laisse souvent des séquelles définitives telles que la dégénérescence du myocarde, pouvant entraîner une mort secondaire ou une perte définitive de valeur économique (animal improductif).

Ce n’est donc pas une maladie anodine.

L’animal peut rester porteur sain du virus au niveau du pharynx pendant plus de huit mois.

Lorsqu’elle frappe un troupeau jusqu’alors indemne elle touche une très forte proportion des animaux : 60%, 75%, ou plus.

La maladie est d’une infectiosité redoutable ; elle est donc susceptible de causer des pertes économiques considérables, si elle gagne un grand nombre de troupeaux d’une région ou d’un pays. Ces pertes économiques justifient les mesures de protection prises par la plupart des Etats.

 

Le virus.

Variabilité

Le virus comprend sept "souches" : les sérotypes A, O, C, Asia, SAT 1, SAT 2, SAT 3. Ces sept sérotypes comprennent un grand nombre de sous-types qui sont eux-mêmes en variation continue.

En effet le matériel génétique du virus est très instable : lorsque le virus se multiplie une mutation intervient une fois sur deux ! Malgré les mutations létales on aboutit à ce qu’aucun virus n’est sans doute identique à un autre.

Cette très grande variabilité entraîne des difficultés de deux ordres :

 

Dissémination et contamination.

Le virus est résistant à de nombreux agents physiques et chimiques. De ce fait il est très résistant dans le milieu extérieur. Sur terre il se propage par voie aérienne dans un rayon de 10 kilomètres. Au-dessus de la mer il peut se propager, si les conditions d’humidité et de vent s’y prêtent, sur de longues distances (280 kilomètres entre la France et l’Angleterre en 1981).

Heureusement il existe dans le commerce des désinfectants efficaces.

La durée d’incubation est comprise le plus souvent entre 2 et 7 jours, mais on a pu constater des extrêmes de 36 heures et de 20 jours. La durée courte de l’incubation permet à la maladie de se répandre très rapidement mais les quelques cas d’incubation longue nécessitent de ne pas relâcher la vigilance trop tôt après le dernier foyer.

L’excrétion du virus dans le milieu extérieur par l’animal infecté commence dans les 48 heures précédant l’apparition des aphtes ; le pic de l’excrétion intervient dans les quelques heures qui précèdent et qui suivent l’apparition des aphtes. Les animaux infectés sont donc contaminants avant même qu’on puisse le savoir.

Parmi les matières virulentes les plus fréquentes on compte : l’air expiré, les urines, les matières fécales, la salive, le lait non pasteurisé, la viande congelée trop tôt après l’abattage (avant l’acidification qui intervient avec la maturation).

Les bovins et les ovins rejettent dans l’air jusqu’à 500 000 virus par vingt-quatre heures. Les porcs jusqu’à 2000 fois plus ; cette espèce est donc la plus contagieuse et la plus dangereuse pour la diffusion de la maladie.

La contamination se fait aussi indirectement, par l’intermédiaire de tous les vecteurs animés (hommes, animaux non sensibles) et inanimés (véhicules et produits divers) qui ont été en contact avec le virus et qui lui servent de support physique.

 

 

La fièvre aphteuse et l’homme.

La fièvre aphteuse est transmissible à l’homme mais très rarement, l’espèce humaine étant très résistante au virus. Le plus souvent la transmission se fait par contact étroit avec les animaux, par l’intermédiaire de petites blessures ou érosions de la peau. La transmission peut avoir lieu par le lait non pasteurisé (en cas d’apparition d’un foyer tout le lait des élevages de la zone de surveillance, instaurée dans un rayon de 10 kilomètres, est obligatoirement pasteurisé). Aucun cas de transmission à l’homme par la consommation de viande n’a été rapporté.

Les symptômes chez l’homme se manifestent par de la fièvre, des maux de tête et de l’anorexie, puis par l’apparition d’aphtes à la bouche, aux mains ou aux pieds. La cicatrisation intervient en une à deux semaines. La maladie ne laisse pas de séquelles.

Des symptômes semblables sont provoqués par plusieurs autres maladies. Il convient donc de faire procéder à des analyses de laboratoire avant de pouvoir incriminer la fièvre aphteuse. Il semble que certaines affirmations péremptoires ne respectent pas toujours ce principe de prudence.

 

Bref historique de la maladie en France.

La fièvre aphteuse est une maladie très ancienne décrite pour la première fois en 1764. Elle a fait régulièrement des ravages dans l’élevage français tout au long des XVIIIème et XIXème siècles et jusqu’à la moitié du XXème.

L’épidémie de 1952 a touché 340 000 élevages français. Ceux qui l’ont vécue s’en souviennent comme d’un cauchemar et en gardent des images véritablement " dantesques ".

Aussi les pouvoirs publics et les organisations d’éleveurs ont-ils entrepris d’éradiquer cette maladie, endémique depuis plusieurs siècles dans notre pays.

En 1955 la vaccination volontaire des troupeaux de bovins est subventionnée.

En 1961 la vaccination de tous les bovins de plus de quatre mois est rendue obligatoire.

En 1962 est rendu obligatoire l’abattage des animaux des espèces sensibles dans un foyer (foyer = élevage atteint).

En 1963 le nombre de foyers de la maladie est tombé à moins de 100 par an. Les derniers cas autochtones ont lieu avant la fin des années soixante. Après quoi la France n’a connu que trois épisodes épidémiques (1974, 1979, 1981) ayant tous leur origine dans un virus importé. Les mesures de protection drastiques (isolement des foyers et abattages des animaux des espèces sensibles présents dans ces foyers) mises en place ont permis de les juguler rapidement.

En 1991 l’interdiction de la vaccination est intervenue en France.

 

Pourquoi l’interdiction de la vaccination ?

En 1991, la Communauté européenne a décidé d’arrêter la vaccination, au vu :

D’arguments sanitaires : en 1989 le territoire communautaire était indemne de fièvre aphteuse depuis presque 10 ans. En outre, sur 34 foyers primaires déclarés en Europe entre 1977 et 1987, 13 étaient liés à la diffusion de virus échappés des laboratoires ou à des vaccins mal inactivés (c’est-à-dire à la pratique même de la vaccination).

D’arguments économiques : dans un rapport de la Commission Européenne en date de 1991, le coût de la vaccination a été estimé à 1135 millions d’écus contre un coût de 35 millions d’écus en cas de non-vaccination (calcul effectué sur l’hypothèse de 13 foyers primaires pour une période de 10 ans).

D’arguments commerciaux : la vaccination entraîne la présence d’anticorps vaccinaux non différentiables des anticorps post-infectieux ; en outre, les animaux vaccinés sont susceptibles d’héberger de manière inapparente du virus aphteux et représentent donc un risque important pour les cheptels non vaccinés. Elle entraîne des restrictions commerciales lourdes lors des échanges avec des pays qui ne vaccinent pas. L’absence de vaccination est donc une condition de la liberté des échanges d’animaux et de leurs produits entre les pays.

 

Un retour de la vaccination ?


Par ailleurs, le risque de réapparition de la maladie sur le territoire national est lié à un risque à l’importation. Or, la vaccination des seuls bovins, qui représentent la moitié des effectifs des animaux sensibles à la fièvre aphteuse, ne diminuerait que faiblement le risque d’apparition de foyer. En outre, le vaccin utilisé qui protège contre certaines souches n’empêche pas l’infection liée à d’autres souches. Aussi, l’élimination des animaux contaminés en cas de réapparition de la maladie reste la méthode la plus efficace car elle permet de tarir complètement la source de virus ; cette élimination devant être la plus précoce possible pour éviter la diffusion de la maladie.

Le retour à une politique de lutte basée sur la vaccination (prophylaxie médicosanitaire) représenterait donc un changement majeur dans la stratégie de lutte contre cette maladie qui semble pour l’instant peu envisageable.

Il faut en effet distinguer la vaccination préventive de la vaccination d’urgence.

La vaccination préventive est mise en place dans le cadre d’une prophylaxie médicosanitaire sur tout ou partie du territoire et sur tout ou partie des espèces sensibles. Cette stratégie de lutte contre la fièvre aphteuse n’est pas scientifiquement justifiée et entraînerait des restrictions commerciales très importantes pendant plusieurs années ainsi que des obstacles majeurs à la circulation des produits à l’intérieur de l’Union Européenne. En effet une vaccination préventive pourrait masquer une circulation du virus sur le territoire national.

Pour être efficace, la vaccination contre la fièvre aphteuse doit, comme toute vaccination :

- être réalisée annuellement, afin d’obtenir une immunité correcte dans une population donnée (la vaccination est plus efficace à partir de la 2e injection)

- concerner au moins 75 à 80 % de la population.

La vaccination préventive n’a jamais été pratiquée chez toutes les espèces sensibles, notamment chez les porcs qui ont une faible durée de vie et pour lesquels il aurait fallu plusieurs campagnes de vaccination annuelles. Cet argument est toujours d’actualité.

La vaccination des seuls bovins, qui représentent la moitié des effectifs des animaux sensibles à la FA, ne diminue que faiblement le risque d’apparition de foyer, la preuve en est que la dernière épizootie française de 1981 s’est déclarée sur des porcs alors que la France vaccinait encore ses bovins.

Aussi, l’élimination des animaux contaminés en cas de réapparition de la maladie, certes traumatisante pour les éleveurs et l’opinion, reste la méthode la plus efficace car elle permet de tarir complètement la source de virus. Cette élimination doit être la plus précoce possible pour éviter la diffusion de la maladie et peut donc concerner, comme c’est le cas en France, des animaux qui ne présentent aucun signe de maladie mais qui sont susceptibles d’être contaminés.

Aussi bien la FNSEA que la Confédération Paysanne se sont prononcées contre la mise en place d’une politique de vaccination préventive, qui ne peut se justifier que pour lutter contre une présence endémique de la maladie. Avant son interdiction, la vaccination préventive concernait chaque année plusieurs millions de bovins en France ; elle constituait donc une source d’activité et de revenu importante pour certains laboratoires et pour les vétérinaires ruraux ; il est bien normal que certains en aient gardé la nostalgie.

La vaccination d’urgence pourrait être mise en place, sur autorisation de la Commission Européenne, avec pour objectif de limiter l’extension de la maladie lorsque l’abattage préventif des animaux ne peut être réalisé suffisamment rapidement, le principe étant que les animaux vaccinés soient abattus dès que les moyens humains et matériels seront disponibles (puisqu’ils ne peuvent plus être différenciés par des analyses sérologiques des animaux infectés). Il s’agit donc d’une mesure ultime pour freiner la propagation de la maladie.

Le dispositif de lutte prévoit toutes les mesures à appliquer en fonction de l’évolution de la maladie.

Si les foyers sont limités et ne concernent que les ruminants, il faut privilégier les mesures sanitaires d’abattage des foyers cliniques et mettre en œuvre un abattage à titre préventif des élevages les plus exposés à l’infection.

Si beaucoup d’animaux sont affectés cliniquement, si plusieurs foyers sont identifiés en un temps court, si l’infection survient dans une zone de forte densité avec beaucoup d’élevages en périphérie du ou des foyers, la vaccination d’urgence peut être une mesure facilitant la maîtrise du risque. Dans ce cas les conditions de vaccination doivent être adaptées à la situation épidémiologique. Ces vaccinations en anneau sont bien entendu réalisées dans un périmètre restreint autour des foyers.

Cette vaccination a pour objectif de diminuer la vitesse de propagation de l’épizootie. Elle permet seulement de disposer de plus de temps pour abattre les animaux dans plusieurs exploitations.

Si vaccination d’urgence il doit y avoir, elle est décidée par le Ministre de l’Agriculture après accord de la Commission de l’Union Européenne. En France la banque d’antigènes nécessaires à la fabrication d’urgence de vaccins est située au laboratoire de l’AFSSA de Lyon.

 

Mesures prises en cas d’apparition d’un foyer de fièvre aphteuse.

Les principes de la lutte contre la maladie retenus en Europe reposent, outre la surveillance aux frontières et le fonctionnement d’un réseau d’alerte, sur l’isolement des foyers, la destruction des animaux sensibles qui y sont présents puis la désinfection rigoureuse desdits foyers. Une étude de l’INRA conduite en 1996 a montré que la politique de lutte qui permet à la fois l’épidémie la plus courte, le nombre de cheptels contaminés et les pertes économiques les plus faibles est celle de l’abattage des cheptels en phase clinique et des cheptels d’animaux sensibles ayant pu être en contact avec le virus.

Dès confirmation par le laboratoire de l’infection par le virus aphteux, le préfet prend un arrêté portant déclaration d’infection et déclenche un plan d’intervention du type " plan orsec "  .
Mise en place d’une cellule de crise au niveau préfectoral.
L’arrêté préfectoral définit un périmètre interdit qui comprend 2 zones :
- une zone de protection (rayon 3 km) ;
- une zone de surveillance (rayon 10 km).

Sur l’exploitation infectée
Abattage d’urgence et destruction du troupeau atteint.
Destruction des produits de l’exploitation.
Nettoyage et première désinfection de l’exploitation.
Enquête épidémiologique.
Deuxième désinfection de l’exploitation (15 jours après la 1re).

Dans la zone de surveillance (10 km)
Tous les troupeaux sont recensés, séquestrés et isolés.
Les rassemblements et la circulation d’animaux sont interdits.
Désinfection de tous les véhicules de transport.
Interdiction des opérations d’insémination artificielle.
Surveillance des accès par la gendarmerie.

Dans la zone de protection (3 km)
Mêmes mesures que dans la zone de surveillance.
Interdiction de tout mouvement d’animaux.
Décontamination de toute personne entrant ou sortant d’une exploitation ou d’un pâturage.
Désinfection des véhicules quittant ou traversant la zone.

Levée des mesures
La zone de protection est libérée au plus tôt 14 jours après la 1re désinfection de l’exploitation infectée. La zone de protection devient zone de surveillance.
La zone de surveillance est levée 30 jours après la 1re désinfection.
Interdiction d’introduction d’animaux durant 21 jours après la 2e désinfection.

 

L’origine de l’épizootie actuelle.

L’épizootie actuelle est due à la souche pan asiatique du virus et trouve son origine en 1990 dans le nord de l'Inde.

Elle s'est propagée vers l'ouest jusqu'en Arabie saoudite et s'est ensuite diffusée dans les pays voisins pour finalement atteindre la Turquie en 1996. De 1998 à 2000 la maladie a touché la Grèce, la Bulgarie l’Iran, l’Irak, la Syrie, Israël, le Liban, et la Jordanie.

Dans le même temps, la maladie s’est également propagée vers l'extrême orient.

En 1993 et 1994, elle a été détectée au Népal, en 1998 au Bhoutan en 1999 dans la province chinoise de Hainan et au Tibet.

Elle atteint Taiwan en 1998, puis la Birmanie, le Vietnam, le Cambodge, la Thaïlande, la Malaisie et le Laos. En 2000 elle a atteint la Corée du Sud et le Japon. .

Il semble que la dernière étape de cet itinéraire avant l'arrivée en Grande-Bretagne ait été l'Afrique du Sud, où des porcs nourris d'une pâtée importée d'Asie avaient contracté la maladie près de Durban.

La souche pan asiatique a été identifiée le 20 février dans un échantillon d'un abattoir proche de Brentwood dans l'Essex.

Conclusion.

L’apparition de cette nouvelle catastrophe pour l’élevage européen est l’occasion une fois de plus, pour certains, de relancer la polémique sur l’agriculture productiviste. En l’occurrence, le productivisme n’a rien à voir avec l’épidémie de fièvre aphteuse. La fièvre aphteuse est connue depuis le 18ème siècle, ce n’est donc pas une maladie nouvelle générée par des méthodes de production industrielle.

La rapidité de son extension est d’abord due au développement des transports et des échanges commerciaux et plus en amont à l’urbanisation des consommateurs qui nécessite de faire circuler de grandes quantités d’animaux et de denrées alimentaires à destination des pôles de consommation. Il est important de ne pas laisser encore une fois se répandre une image fausse et totalement injustifiée de l’agriculture.

On ne peut mettre en cause les méthodes d’élevage actuelles dans l’apparition de l’épidémie récente. Au contraire les progrès dans la lutte contre la fièvre aphteuse sont allés de pair avec les progrès de l’élevage, qui ont permis les mesures strictes de prévention et de surveillance. C’est l’oubli du respect de ces mesures qui est soupçonné d’être à l’origine de l’épidémie au Royaume-Uni.

Les organisations professionnelles agricoles font confiance aux services vétérinaires français et soutiennent les mesures rigoureuses qu’ils ont prises ces jours-ci. Cette nouvelle crise engendre de très graves difficultés pour les éleveurs, qu’ils soient directement touchés par des cas, suspects ou avérés, ou indirectement, du fait des mesures de restriction à la circulation et à la commercialisation des animaux et des produits. Ces mesures sont indispensables pour juguler au plus vite la maladie et chacun se doit de les respecter rigoureusement ; il en va de la survie de l’élevage français.

Ce dossier a été réalisé pour la Chambre Régionale d’Agriculture Rhône Alpes et pour la Fédération Régionale des Groupements de Défense Sanitaire Rhône Alpes, par Laurent Berthod, ingénieur agronome, et Jean-Luc Simon, docteur vétérinaire.

Contacts : Laurent BERTHOD ( 04.72.72.49.54 – Jean-Luc SIMON ( 04.72.72.49.51

 

5 rue Hermann Frenkel, 69364 Lyon Cedex 07

7 04.72.71.06.59

 

 

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